La vie quotidienne de z'oreils à la Réunion.
Ce n'est pas parce que nous sommes à La Réunion, au soleil, qu'il ne faut plus s'intéresser qu'à la couleur des grains de sable et à la taille des mangues .
Donc, hier soir, sortie à Saint Denis pour aller écouter l'illustre violoniste indien, Dr Lakshminarayan Subramaniam.

Moment absolument magique et inhabituel pour la musicienne classique que je suis.
Sur la scène, une estrade.
Sur l'estrade, un tapis.
Sur le tapis, 4 instruments: 2 percussions, 1 guimbarde et un violon à 5 cordes et donc
4 musiciens assis en tailleur.
Un ostinato enregistré sur lequel Subramaniam et ses musiciens vont évoluer; musique envoutante. Magie; on se croirait en Inde. Bombay. Minute de silence.
L'orchestre de la Région Réunion entre pour interpréter 3 Danses Hongroises de Brahms.
Leur chef, Pierre Michel Durand, dirige comme s'il avait en face de lui le philarmonique de Berlin.Ce n'est pas le cas... Et c'est pas grave, Brahms est déjà mort...
Puis, concerto pour 2 violons et orchestre de L. Subramaniam lui-même.
Toujours les 4 musiciens indiens assis en tailleur sur le kilim, la seconde (et talentueuse) soliste assise sur une chaise un peu à l'écart; surprenant.
La tenue du violon du concertiste doit faire s'arracher les cheveux à plus d'un prof de conservatoire! les enfants qui sont venus écouter auront des arguments pour se tenir n'importe comment!
L'orchestre a bien travaillé, (même si les trompettes n'ont pas brillé).
Une oeuvre en 3 parties, comme les concertos classiques, avec une inspiration très néo-romantique à laquelle se mêle des passages de musique pentatonique et des mesures complexes, qui se marient merveilleusement à la musique indienne.
Sublime moment musical, à ne pas manquer ce soir au Tampon! ou à l'occasion de ses tournées pour les non-résidents!
